L’étude de sol G2 PRO est la phase géotechnique destinée au projet détaillé. Elle va plus loin que la G2 AVP en fournissant une note de calculs complète, des plans d’exécution et un descriptif détaillé des fondations. Grâce à une analyse fine du sous-sol – à l’aide d’un nombre de sondages renforcé et d’essais poussés en laboratoire – la G2 PRO assure la sécurité technique, la maîtrise des coûts et la conformité réglementaire jusqu’à la mise en chantier.
Qu’est-ce que l’étude de sol G2 PRO ?
Selon la norme NF P 94-500, la G2 PRO intervient une fois l’avant-projet validé. Ses principales caractéristiques sont :
- Sondages approfondis : 6 à 12 points de sondage (carottages, pressiométrie, essais pressiométriques dynamiques), choisis pour couvrir toute la surface et les zones à risque.
- Essais in situ et de laboratoire : essais triaxiaux, cisaillement direct, pénétrométrie statique, mesures de perméabilité, analyses chimiques (sulfates, chlorures).
- Note de calculs géotechniques : dimensionnement précis des semelles isolées, radier, micropieux, vérification de la stabilité des ouvrages de soutènement.
- Plan de fondations et descriptif technique : plans cotés, prescriptions de mise en œuvre, détails de coulage béton et ancrages.
La G2 PRO constitue la base du Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) et sert de référence pour l’exécution des travaux.
Objectifs et bénéfices de l’étude de sol G2 PRO
- Validation technique : vérification des choix de fondation proposés en AVP, ajustements selon les résultats détaillés.
- Sécurité maximale : calculs de portance et de tassement différentiel garantis, maîtrise du risque de rupture ou de glissement.
- Optimisation économique : dimensionnement au plus juste : ni surdimensionné (coûts) ni risqué (sinistres).
- Conformité réglementaire : rapport détaillé répondant aux exigences du Code de la Construction, PLU, PPR et préfecture.
- Clarté pour les entreprises : un CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) précis évite les malentendus et les ajustements en cours de chantier.
Phases détaillées de l’étude de sol G2 PRO

Phase documentaire approfondie
Cette phase consiste à consolider l’étude AVP par une analyse documentaire poussée. Elle inclut la mise à jour des données d’urbanisme (notamment le PLU), la recherche d’éventuels sinistres antérieurs sur le site ou à proximité, ainsi que l’identification des ouvrages existants dans l’environnement proche. Un examen des études hydrogéologiques disponibles est également mené afin d’évaluer le niveau piézométrique, ses fluctuations saisonnières et leur impact potentiel sur le projet.
Planification et repérage sur site
Cette étape vise à organiser de manière optimale les investigations géotechniques. Elle comprend le choix précis des emplacements de sondage afin de cibler les zones sensibles du projet, telles que les angles de bâtiment ou les zones en pente (talus). Une préparation logistique est également menée en parallèle : vérification des accès pour les engins de forage, obtention des autorisations de passage, et coordination avec les intervenants concernés.


Sondages en nombre et en profondeur
Les sondages sont réalisés en quantité suffisante et à des profondeurs adaptées, jusqu’à atteindre la roche saine ou la limite définie pour les traitements de sol. Ils incluent des carottages pour analyser la nature des couches en place. Des essais pressiométriques statiques sont effectués pour évaluer la déformabilité initiale du sol. En complément, des pénétromètres dynamiques (DPSH) permettent d’obtenir un profil continu de la résistance du terrain. Si nécessaire, des piézomètres sont installés pour assurer un suivi du niveau piézométrique dans le temps.
Essais complémentaires en laboratoire
Les échantillons prélevés sur site font l’objet d’analyses en laboratoire afin de caractériser finement les propriétés mécaniques et chimiques des sols. Ces essais incluent la granulométrie, la détermination de la teneur en fines, ainsi que les limites d’Atterberg pour évaluer la plasticité. Des essais mécaniques plus poussés comme le triaxial monotone et cyclique ou le cisaillement direct permettent de déterminer la cohésion et l’angle de frottement interne. Enfin, des analyses chimiques (sulfates, chlorures, matière organique) sont réalisées pour adapter les formulations de béton et les protections contre la corrosion, notamment pour les anodes cathodiques.


Rédaction de la note de calculs
Cette phase consiste à formaliser les calculs géotechniques à partir des résultats des sondages et essais. Elle inclut l’évaluation de la capacité portante des sols, à la fois ultime et admissible, en fonction des sollicitations du projet. Les tassements globaux et différentiels sont également vérifiés pour garantir la stabilité et la durabilité de l’ouvrage. En fonction des résultats, un dimensionnement des fondations est proposé : fondations superficielles ou profondes (micropieux, pieux vissés), selon les contraintes du terrain et les charges à reprendre.
Élaboration des plans et du CCTP
Cette étape vise à traduire les résultats de l’étude géotechnique en documents opérationnels. Des plans cotés en plan et en coupe sont produits pour localiser précisément les implantations de chaque fondation. En parallèle, le Cahier des Clauses Techniques Particulières (CCTP) détaille les prescriptions d’exécution : nature et dosage du béton, caractéristiques des armatures, dispositifs de joints de dilatation, ainsi que les éventuelles mesures de drainage à prévoir selon les contraintes du site.


Validation et remise du DCE
La phase finale consiste à valider et transmettre le Dossier de Consultation des Entreprises (DCE). Celui-ci comprend le rapport géotechnique complet, les annexes techniques (fiches d’essais, plans, notes de calcul) et l’ensemble des documents nécessaires à la consultation. Des réunions de synthèse sont organisées avec la maîtrise d’œuvre et les entreprises afin de présenter les conclusions de l’étude, répondre aux éventuelles questions techniques, et garantir une compréhension partagée avant le lancement de l’appel d’offres.
| Critère | G2 AVP (Avant-Projet) | G2 PRO (Projet) |
|---|---|---|
| Nombre de sondages | 3 à 6 points | 6 à 12 points (voire plus selon projet) |
| Détail des essais | Essentiellement granulométriques et pressiométriques | Essais triaxiaux, cisaillement direct, perméabilité |
| Note de calculs | Recommandations de principe | Calculs détaillés et vérifications |
| Livrables | Rapport AVP, carte des risques | Rapport PRO, note de calculs, plans DCE |
| Usage | Budget, faisabilité | Appel d’offres, exécution chantier |
Cas concrets : rôle décisif de l’étude de sol G2 PRO
- Projet tertiaire à Castres
Lors de la phase AVP, un radier flottant avait été envisagé. Les sondages PRO ont révélé une poche de remblai de 2 m d’épaisseur sous le futur hall. Le calcul PRO a conduit à des micropieux de 10 m ancrés en sol sain, évitant un tassement généralisé et un surcoût de 80 000 € en reprises ultérieures. - Logements collectifs à Gaillac
Sans G2 PRO, une semelle filante superficielle avait été budgétée. L’étude PRO, en mesurant la déformabilité de schistes altérés, a imposé un radier semi-rigide. Le surcoût initial de 20 % a été compensé par l’économie réalisée sur le renforcement d’une chape fissurée et son remplacement en cours de chantier. - Rénovation d’un château à Cordes-sur-Ciel
La G2 AVP avait validé la faisabilité. La PRO a mis en évidence des cavités karstiques sous les tours. Les calculs PRO ont dimensionné des injections de coulis et des micropieux sous les assises, évitant l’effondrement partiel d’une tour nord et préservant le patrimoine.
Coûts, financement et validité
Le budget d’une étude G2 PRO se situe généralement entre 2 500 € et 6 000 € HT, selon :
- La complexité géologique (présence de roches, nappes, contamination).
- Le nombre et la profondeur des sondages.
- Les essais complémentaires (triaxial, perméabilité).
Elle est prise en charge par le maître d’ouvrage et permet de sécuriser l’appel d’offres. La validité de la G2 PRO est de 2 ans, au-delà desquels une actualisation peut être nécessaire si le contexte géologique ou hydraulique a évolué.
Impact économique et maîtrise des risques
Investir dans la G2 PRO, c’est éviter :
- Retards de chantier dûs à des travaux de reprise imprévus.
- Coûts de dédommagement en cas de sinistre ou de contentieux.
- Surélévation de devis par les entreprises prenant en compte l’incertitude géotechnique.
Au contraire, un DCE construit sur une note de calculs PRO claire garantit des offres concurrentielles et un déroulement fluide des travaux.

